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Cette journée organisée en hommage au gastronome Brillat-Savarin natif de la ville, met à l'honneur les produits du terroir, le goût et la gastronomie avec chaque année un thème différent.
Au commencement était la fondation Brillat-Savarin. Cette fondation doit sa naissance, en 1986, à la volonté et à l’amitié de quatre éminents Bugistes : Charles Millon, alors député-maire de Belley ; Denis Defforey, originaire de Lagnieu et fondateur des magasins Carrefour ; Antoine Riboud, président de BSN Danone et Culozien de souche ; Gérard Pélisson, président du groupe Accor qui avait des attaches familiales à Virieu-le-Grand.
Parrainée à son origine par Jacques Martin, la fondation réalise dès 1987 les premiers Entretiens de Belley dont les buts demeurent inchangés : confronter sur des sujets aussi divers que le goût à l’aube du XXe siècle, les interdits alimentaires, les crus en fromages français, les épices et aromates, les légumes, etc., les avis, les opinions et l’état d’avancement de la recherche ; défendre et promouvoir le goût, la gastronomie, l’agro-alimentaire et les produits de terroir dans un esprit de convivialité cher à Brillat-Savarin.
Avec le soutien de nombreux partenaires institutionnels et privés, la Ville de Belley assure depuis 1998 toute l’organisation des Entretiens. Ainsi en 20 ans la manifestation a évolué en ajoutant aux débats et à la réflexion un volet animation de plus en plus important.
En 1995, la manifestation s’est ouverte à un public plus large, avec la création d’un marché aux produits de terroirs de la région. Cette rencontre est organisée conjointement par la Ville de Belley et le Comité de promotion des produits agro-alimentaires de Rhône-Alpes (R3AP). Dans le même temps, le traditionnel dîner de gala a été remplacé par un grand buffet populaire consacré aux produits de terroir. Ce dîner rassemble chaque année plus de 1 500 convives.
Depuis 2008, Les Entretiens ont fait leur retour en centre-ville et a reçu de prestigieux intervenants (Jean-Luc Petitrenaud), des scientifiques (Herné This), de grands chefs français (Georges Blanc) et des valeurs montantes de la gastronomie (Jean Sulpice).
Les thèmes des Entretiens de Belley de 1987 à 2011
| Années | Thèmes | Expositions | Objets sesames | Invités d'honneur |
|---|---|---|---|---|
| 2011 | Innover avec des produits traditionnels | Exposition scolaires | Mug | Alain Alexanian |
| 2010 | Bien manger, carte blanche à une toque | Exposition scolaires | Salière/poivrière | Laurence Salomon |
| 2009 | Sous les sigles quelle gastronomie ? Terroir, savoir-faire, qualité | Exposition scolaires | Ice bag | Les vins du Bugey |
| 2008 | L’innovation passe à la casserole ! | Exposition scolaires | Mini-casserole | Ville de Belfort |
| 2007 | Le poisson : de l’eau à la bouche | Les métiers de la pêche, aquaculture | Repose couvert | Le Morbihan |
| 2006 | Cuisine sans frontière | 20 ans des Entretiens de Belley | Assiette décorative | |
| 2005 | Savons-nous encore déguster ? | 250e anniversaire de la naissance de Brillat-Savarin | Mini-soupière de dégustation | |
| 2004 | Les légumes : L’avenir est-il dans le potager ? | Les légumes | Sac à légumes | |
| 2003 | Confiseries : plaisirs de tous les temps | Les confiseries | Bonbonnière | Pâtes de fruits et fruits confits |
| 2002 | Epices et aromates saveurs, cuisines d’ici et d’ailleurs | Les épices | Boîte à épices | La Chambre d’Agriculture de la Drôme |
| 2001 | Les crus en fromage français | Les fromages | Ramequin | Les Fromages de Rhône-Alpes |
| 2000 | Un siècle de cuisine en France 1900-2000 modes et tendances | Les menus anciens | Tablier | Saluzzo (Italie) |
| 1999 | Le café – couleurs café | Grains d’arôme, l’histoire du café | Tasse et sous-tasse à café | La Bresse |
| 1998 | La Table et le livre | Le livre | Convertisseur € | L’Ardèche |
| 1997 | Biotechnologies nouvelles et patrimoine alimentaire | De la vigne au verre | Taste-vin | La Dombes |
| 1996 | Les interdits alimentaires | Le chocolat | Assiette | |
| 1995 | Terroirs et technologies | Verre | ||
| 1994 | Peut-on mettre le goût en conserve ? | |||
| 1993 | Vin, plaisir et santé | |||
| 1992 | L’Europe doit-elle réglementer le goût ? | |||
| 1991 | Le pain | |||
| 1990 | La viande rouge | |||
| 1989 | Gastronomie, santé et environnement | |||
| 1988 | Innovation et arts culinaires | |||
| 1987 | Le Goût à l’aube du XXIe siècle |
Né à Belley, au coeur du Bugey, en 1755, Jean-Anthelme Brillat-Savarin est considéré comme l’un des plus illustres gastronomes français. Cette renommée, qui a fait le tour de la planète, repose sur son ouvrage "Physiologie du goût" (1), qu’il a publié deux mois avant sa mort en1826.
Le succès du livre fut immédiat, suscitant l’enthousiasme de Balzac, le mépris de Baudelaire et ne laissant, au final, personne indifférent. Au travers de nombreuses anecdotes, recettes et méditations, où se mêlent souvenirs et aphorismes, Brillat-Savarin érigeait pour la première fois la cuisine au niveau d’un art. Un art quasi scientifique, pour le gastronome, qui faisait appel aussi à l’histoire, à la physique, à la chimie, à la cuisine et à la sociologie, avant l’heure.
Se livrant à une analyse approfondie du goût, retraçant son histoire à travers celle des peuples, abordant des sujets (toujours d’actualité !) sur l’obésité, la maigreur, la gourmandise, le jeûne, etc. faisant partager ses observations sur l’usage d’aliments aussi divers que le sucre, le chocolat, le café, les truffes, le faisan, la dinde, les asperges, le turbot, Brillat-Savarin a conçu un traité où l’humour et les impressions tempèrent l’approche érudite qu’il se faisait des plaisirs de la table. Ce Belleysan épicurien aimait la bonne chair, de celle que l’on déguste avec élégance. Il s’est efforcé avec ce traité d’établir quelque règles du "savoir bien manger". A travers son célèbre aphorisme, « Dis-moi ce que tu manges, je te dirais qui tu es », est synthétisée la clé de son propos.
Brillat-Savarin n’était ni un chef ni un restaurateur, même si ses hôtes lui prêtaient quelques talents de cuisinier. Avocat de métier (il avait aussi étudié la chimie et la médecine), il fut maire de Belley avant d’être élu député du Tiers-État. Siégeant à l’assemblée nationale à partir de 1789, il dut s’exiler en Suisse lorsqu’il fut menacé par les Montagnards. Il partit ensuite aux Etats-Unis où il séjourna deux ans à New York, avant de pouvoir revenir en France en 1797 comme secrétaire d’Auguereau. Il fut nommé conseiller à la Cour de Cassation en 1800, charge qu’il occupa jusqu’à sa mort.
(1) le vrai titre étant : "Physiologie du goût, ou Méditations de gastronomie transcendante, ouvrage théorique, historique et l’ordre du jour dédié aux gastronomes parisiens par un professeur membre de plusieurs sociétés littéraires et savantes".
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