Le centre social aux côtés des plus isolés

Dès le début de la crise, le centre social Escale a mobilisé les bénévoles qui intervenaient déjà pour la structure. Un réseau d’entraide, enrichi au fur et à mesure de volontaires, est alors constitué pour intervenir auprès des personnes vulnérables et isolées. Livraison de courses, apport des déchets aux Trimax, de quoi fournir une aide matérielle mais aussi et surtout du lien.

Marc, bŽénŽévole au service des personnes isolŽées

Marc a 53 ans. Ancien business developper pour un important industriel de la région, il est victime il y a quelques années d’un burn-out qui s’avérera salutaire pour lui. Il réoriente alors sa vie professionnelle en créant une activité de service basée sur la personne, son environnement et les projets solidaires (www.apuluk.fr).
Désireux d’aider au début de la crise sanitaire, il poste sur Facebook sa proposition de venir en aide à quelqu’un qui en a besoin. En plus des missions qu’il réalise déjà pour les autres, comme la distribution des devoirs en direction des élèves n’ayant pas accès à internet pour le collège Sabine Zlatin, il entre naturellement en contact avec le centre social Escale qui lui en confie de
nouvelles.
Cela commence par une prise de contact téléphonique, pour s’assurer que les personnes sont bien à leur domicile, car une non réponse peut devenir inquiétante si elle dure… Le contact établi, il faut pouvoir communiquer, ce qui n’est pas toujours facile suivant les handicaps des interlocuteurs (surdité, difficulté d’élocution, pertes de mémoire, …).
L’accueil qui lui est réservé est chaleureux et lorsque les gens comprennent que l’appel vient d’un service municipal et que les questions sont bienveillantes (comment allez vous ?, quelqu’un s’occupe-t-il de vous ?, avez-vous besoin de quelque chose ?), cela les rassure. Le dialogue s’engage alors et même si le coup de fil peut apparaître comme une intrusion de prime abord, les personnes y répondent finalement volontiers.
Pour l’heure, il a en charge six personnes dont Ida, 89 ans, qui reçoit la visite hebdomadaire de son aide ménagère mais pour qui le besoin de contacts plus fréquents demeure. Avec Marc, ils échangent sur des sujets de fond comme la société, le comportement des gens, les effets de cette crise au-delà du déconfinement et la guerre, celle où les bombes tombaient sur Lyon
comme ailleurs.

Ida, 89 ans : « La situation n’est pas marrante mais je ne me plains pas ! »

Ida vit à Belley mais elle a longtemps habité Lyon « où les rapports à l’autre sont bien différents. Ici, les gens pensent à vous malgré les difficultés actuelles. »
« La présence de Marc m’a bien rendu service. On discute bien volontiers car nous avons la même sensibilité, c’est agréable. La situation n’est pas marrante mais je ne me plains pas, même si le marché et les sorties me manquent beaucoup. C’est difficile de ne pas pouvoir faire ce que l’on veut quand on en a envie ou besoin », confie l’octogénaire.
« J’ai vécu la Guerre, c’était autre chose. J’avais alors entre 8 et 12 ans. Ma mère était morte et ne pas savoir où mon père était, avec le danger qu’il ne revienne pas, c’était angoissant, raconte Ida. On avait l’essentiel. Des cartes d’alimentation, une maison. On acceptait les choses et on se faisait une raison. Aujourd’hui ce n’est pas bien drôle mais ça n’a rien à voir ».
« Je voudrais que la fin de la crise arrive bientôt car j’ai envie de revoir mes enfants et mes petits-enfants. Je souhaite que cette période aide les gens à s’ouvrir, ne plus penser qu’à eux. Il y a toujours plus malheureux que soi en santé ou en richesse. Il faut apprendre à se contenter de ce qu’on a ». Les plus grands philosophes n’auraient pas dit mieux !

+ d’infos : 06 14 32 26 23
ou centresocial-solidarite@ccas-belley.fr