Quelques mois ou parfois quelques années, après leur ouverture ou leur reprise, cinq établissements belleysans dressent un constat globalement positif. Tous partagent une même logique : proposer une offre lisible, sincère et accessible, en phase avec les attentes locales. Si les débuts demandent encore des ajustements, chacun semble aujourd’hui avoir trouvé son rythme, entre fidélisation, ancrage territorial et capacité à évoluer durablement.
À Belley, une cantine pas comme les autres
À Belley, une nouvelle adresse a trouvé sa place au coeur de la ville : La Cantine. Derrière ce nom simple, un projet de vie, porté par Jean-François Ridoux (55 ans) et Corinne Leclerc (59 ans), qui ont ouvert les portes de leur établissement le 19 mai 2025.
Installé dans un lieu chargé d’histoire, anciennement Chez Martine, puis Le Temporel, le restaurant a connu plusieurs vies avant de retrouver aujourd’hui une identité claire. C’est grâce à une mise en relation par Annie Dellablanche, de l’Union des Commerçants, que le projet a pu voir le jour. Depuis, les relations avec les propriétaires sont excellentes, et l’aventure s’est lancée dans un climat de confiance.
Pour ce couple, il s’agit d’une véritable reconversion. Corinne a longtemps travaillé dans le secteur social et l’insertion, tandis que Jean-François a exercé pendant plus de 20 ans comme directeur d’Ehpad, notamment dans le Bugey. Un parcours riche, mais exigeant, qui les a conduits à changer de cap. « Il fallait lever le pied », expliquent-ils simplement. Lui passe un CAP cuisine au Cecof, se forme en saison, affine son projet. Elle imagine un lieu à son image, mêlant accueil et décoration.
Car La Cantine n’est pas tout à fait un restaurant comme les autres. Ici, presque tout est à vendre : lampes, vaisselle, mobilier… une idée de « resto-broc » portée par Corinne, qui donne au lieu une atmosphère chaleureuse et vivante. Côté cuisine, le parti pris est clair : du fait maison, des produits frais, sans congélateur, et autant que possible locaux ou français. Les producteurs du territoire sont mis à l’honneur, de la boucherie de Belley aux pommes du Tremblay, en passant par le caveau Quinard. La carte va à l’essentiel : un plat du jour, une assiette de pâtes, et une suggestion (soupe ou salade), avec une cuisine traditionnelle relevée d’une touche personnelle dans les assaisonnements.
L’esprit « cantine » prend ici tout son sens : un service rapide le midi, une formule accessible (13 € le plat du jour), et une ambiance calme, sans musique, où l’on peut prendre le temps d’échanger. Une demi-heure suffit pour déjeuner, mais beaucoup s’attardent. Entre habitués et gens de passage, notamment des touristes qui découvrent l’adresse en ligne, la clientèle se construit naturellement, portée par un bouche-à-oreille très positif.
Ouverte du lundi au vendredi le midi, La Cantine propose aussi une ouverture le vendredi soir autour d’un plat unique : fondue bourguignonne, couscous… des soirées conviviales qui rencontrent déjà leur public. La salle, d’une capacité d’une vingtaine de couverts, permet aussi des privatisations pour des anniversaires ou événements.
Encouragés par ces débuts, Jean-François et Corinne souhaitent simplement « continuer comme ça » : fidéliser, se développer progressivement, et transmettre aussi, avec l’accueil possible d’apprentis. Déjà engagés dans la vie locale, en lien avec les commerçants, les associations ou encore les structures du territoire, ils s’inscrivent pleinement dans la dynamique belleysanne.
Un lieu simple, sincère, où l’on vient manger… et souvent revenir.
La Cantine – 18bis rue Saint-Martin











